Le film fut tourné en Angleterre : il débuta en septembre 1970 et s'acheva en mars 1971
(soit 6 mois de tournage).
Pour obtenir un prix de revient modéré, il fallait découvrir des décors naturels rendus typiques par une architecture moderne.
Kubrick acheta des revues d'architecture vieilles de 10 ans.
Il met au point de nouvelles façons de traiter l'information, de l'organiser, de la mémoriser et d'en tirer le plus de choses possibles.
Le classement des vues architecturales suggérait tant de décors naturels que Kubrick ne dut tourner en studio que quelques jours durant.


Seuls 4 décors furent construits dans une usine de Borehamwood, près des vieux studios de la MGM : le Korova Milkbar, la zone de réception de la prison, le couloir aux miroirs et la salle de bain de l'écrivain .


Le bloc municipal où vit Alex et ses parents fut filmé à Thamesmead.


L'extérieur de la maison de l'écrivain était un pavillon de la province de l'Oxfordshire, l'intérieur provenait d'un autre pavillon de la province de Radlett.


Le magasin de disques était un drugstore de Chelsea.


Pour la scène du meurtre de la "Dame aux chats", Kubrick loua dans la province de l'Hettfordshire un ancien manoir qui appartenait à un centre de diététique.
Dans la plus grande salle, il y avait tout un équipement de gymnastique : un cheval d'arçons, des anneaux, des barres parallèles; Kubrick y fit ajouter des tableaux érotiques de l'école de Klimt, un peintre viennois, qui faisaient ressembler le gymnase à une salle de torture. Ensuite, il fit sortir toute l'équipe à l'exception de Miriam Karlin, la dame aux chats, Mc Dowell et un photographe qui avait accroché son appareil à sa taille. Kubrick avait décidé de tourner la scène, caméra à la main avec un angle de 360 degrés. Ce n'est qu'à sept heures et demie du soir, après avoir marché en cercle toute la journée et impressionné des centaines de mètres de pellicule que Kubrick donna enfin le signal de la pause.


La scène de l'orgie avec la musique de Guillaume Tell dure 40 secondes mais prit 28 mn à filmer.


La scène du viol prit 3 jours de répétition, plus long que toutes les autres scènes du film.


Le personnage principal du film s'identifie à Alexandre DeLarge, mais plus loin dans le film, un article de journal le nomme Alexander Burgess. Une référence à Anthony Burgess, auteur du roman original.


L'écrivain, M. Alexander, dont le nom rappelle celui d'Alex, s'identifie comme lui à Beethoven jusqu'à épouser les traits de son visage lorsqu'il pousse Alex au suicide en lui assenant la "terrifiante" Neuvième de Beethoven.
Le carrillon de sa porte d'entrée est la Cinquième.


Les uniformes de police de Georgie et Dim sont numérotés 665 et 667; Alex marchant au milieu d'eux, son n° devrait être le 666.


Kubrick utilisa de tous nouveaux micros, petits comme des agrafes-trombones de bureau (un microphone traîne par terre dans la scène où Alex déambule près de la Tamise).
Ces micros ont si bien fonctionné que Kubrick n'a pas eu besoin de doublage par synchronisation pour le film .


Kubrick utilisa des objectifs à angle extrêmement grand (9,8 mm) qui permettaient des prises de vue en profondeur dans des endroits où l'on ne disposait d'aucun recul.


Lorsque la bande de «voyous» part en voiture terroriser les occupants de la maison, on aperçoit un membre de l'équipe technique s'éloigner du champ dans l'obscurité du fond, un accessoire à la main...


Le film ne contient pas le dernier chapitre du livre d'Anthony Burgess, le fameux 21 ème chapitre : en fait, Kubrick a basé son adaptation sur la version américaine du livre dans laquelle manque le dernier chapitre. Kubrick fut mis au courant de l'existence de ce fameux chapitre au cours du tournage mais il le trouva de toute façon "peu convaincant et incohérent avec le style et les intentions du livre". Ce chapitre décrit la réhabilitation d'Alex : il veut fonder une famille et devenir compositeur.
Pourtant, Burgess fait une analyse toute autre : "le film donne l'impression sinistre que la boucle est bouclée. Ce n'était pas mon intention."


Dans la séquence où Alex et sa bande pénètrent dans la maison de l'écrivain, le scénario prévoyait qu'ils le battent, qu'ils violent sa femme, qu'ils saccagent la maison et qu'ils cassent les fenêtres avec des bouteilles.


Lors du tournage de la scène où Alex devait ouvrir le tiroir et en sortir le serpent, celui-ci s'était enfuit. Tout le monde a quitté la pièce en courant, y compris Stanley Kubrick. En fait, le serpent était sous le lit.


Malcolm McDowell vivait à Kensington. Il y avait un magasin très à la mode à la fin des années 60 surnommé Biba. McDowell y entra et y acheta des cils; il les montra à Kubrick qui éclata de rire. Kubrick lui demanda d'en essayer un: McDowell en mit un sur son oeil droit et Kubrick prit une photo.
Malcolm McDowell a utilisé la coquille qu'il mettait quand il jouait au criquet.
Kubrick s'est fait envoyer des bottes de Marines des Etats-Unis.



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Copyright © 1999 Thierry Roy